Clément Fillon — Réalisateur de films de mariage à Nantes
QUI SUIS-JE
Je ne filme pas que ce que je vois. Je filme ce que j’ai décidé de chercher.
Avant chaque tournage, je me pose deux questions : Quelle émotion je veux que le spectateur ressente ? Quel message doit rester quand le film se termine ?
Ces questions, c’est de la pré-production. De l’écriture. Du travail qui se fait avant que la première image soit tournée et qui change radicalement ce qui se passe le jour J.
Sur un mariage, ça ressemble à ça : savoir, avant d’arriver, que la grand-mère de la mariée est un personnage haut en couleurs et qu’elle ne sera pas dans les discours. Savoir qu’il faudra aller la chercher pendant le cocktail. Sans la préparation, ce moment n’existerait pas dans le film.
Un réalisateur arrive en sachant ce qu’il cherche. Sur chaque moment de la journée, je cherche un plan qui dit tout : une image simple, bien exécutée, qui n’a pas besoin d’explication. Une idée claire vaut mieux que dix plans moyens.
C’est la différence entre filmer et réaliser.
Si vous préférez m'entendre plutôt que me lire.
MON PARCOURS
Enfant, je filmais le quotidien de ma famille de cinq garçons avec le caméscope de mon père. J’ai ensuite fait des études d’ingénieur et un master en management, puis j’ai passé cinq ans comme chef de produit marketing dans un grand groupe industriel. J’y ai appris la rigueur et l’organisation. Mais je n’y trouvais plus de sens : des centaines de mails par semaine, des réunions à préparer pour d’autres réunions, des fichiers Excel de rentabilité à analyser. Je pouvais remplir mes semaines rien qu’en répondant aux sollicitations, sans rien laisser derrière moi.
Mon corps m’a envoyé des signaux que je ne pouvais plus ignorer. J’ai quitté mon poste et, une fois la décision prise, j’ai ressenti un immense soulagement. Je me suis lancé en 2021 comme réalisateur de films de mariage.
Quelques semaines plus tard, pour mon anniversaire, ma compagne Justine m’a offert ma première montre mécanique : une field watch d’inspiration vintage, d’une marque japonaise alors inconnue, inspirée de la première montre à avoir gravi l’Himalaya. Elle ne vaut pas par son prix, mais par ce qu’elle a vu : je l’ai portée le jour de mon mariage, puis le jour où j’ai tenu mon fils pour la première fois dans mes bras.
En 2024, un workshop de storytelling a changé ma façon de travailler : je construis d’abord la bande son, puis je pose les images, et la musique vient en dernier. La même année est né mon fils. C’est aussi pour lui que je limite à 12 à 15 le nombre de couples que j’accompagne chaque année : pour avoir le temps d’être pleinement présent à chaque mariage, et à la maison.
J’espère un jour lui transmettre cette montre. C’est ce que je cherche dans un film : un objet simple, fait pour durer, qui garde la trace des moments et que l’on transmet
CE QUI ME TIENT à coeur
Un film réussi, c’est un couple qui se dit : « il a compris qui on était ».
Pas : « les images sont belles », ni : « la musique était bien choisie ». Un beau lieu et une chanson douce suffisent pour ça. Ce qui m’intéresse, c’est la fidélité.
Si la pluie s’invite, je ne la gomme pas, je la raconte. Elle fait partie de la journée, parfois elle en devient le personnage principal. Si un marié est timide et parle peu, je ne cherche pas à équilibrer sa voix avec celle de son conjoint : c’est qui il est, et le film doit le montrer tel que tout le monde le connaît. L’attente à l’autel, les invités qui sortent leur téléphone pendant la cérémonie, la tension d’avant le oui disent quelque chose de cette journée précise. À vouloir des images parfaites, on rate des moments vrais, et un moment vrai sous une lumière imparfaite vaut plus qu’un plan parfait vide de sens.
C’est pour ça que je construis le film à partir du son : les voix d’abord, les images ensuite, la musique en dernier.
Je fuis le film générique : ralentis à gogo, montage clip, ordre strictement chronologique. C’est confortable, et ça aurait pu être fait pour n’importe quel mariage. Je n’ai aucun intérêt à faire quelque chose de transposable.
Ma crainte, c’est qu’un couple regarde son film dans vingt ans en se disant qu’il a mal vieilli : transitions datées, colorimétrie à la mode, mouvements de caméra tendance. Les effets passent, les codes du cinéma classique tiennent. Un film intemporel n’est pas un film sans style, c’est un film où la technique s’efface devant ce qu’elle raconte.
avec qui j'aime travailler
Je travaille avec 12 à 15 couples par an, par choix.
Mon travail demande du temps avant le tournage, pendant, et après, et je préfère le consacrer à des couples avec qui la collaboration est vraie.
Ce qui compte le plus pour moi : j’ai besoin de connaître vos fêlures autant que vos bons souvenirs. Ce que vous avez traversé ensemble, les moments difficiles, ce qui vous a construits. Je ne les mets pas dans le film de façon littérale, mais c’est ce qui donne de la profondeur à un couple.
Pour que ça marche, trois choses m’aident. D’abord que vous ayez vraiment regardé mes films, et que vous voyiez ce que j’essaie de faire. Ensuite que vous remplissiez le questionnaire en détail, parce que chaque information est de la matière pour le film. Enfin que vous soyez tous les deux présents dès la première visio : je tiens à ce qu’on soit alignés à trois avant de commencer.
Le jour J, j’ai besoin que vous me laissiez entrer dans votre cercle : votre famille, vos témoins, vos grands-parents, et que vous m’indiquiez les personnes à aller chercher pendant le cocktail. Pour faire mon travail, j’ai besoin d’être accepté par tout le monde, pas seulement par vous.
Si vous vous reconnaissez à moitié, écrivez-moi quand même.
En dehors de la caméra
Depuis peu, je suis papa. Liam a tout changé à ma façon de regarder les choses et à ma façon de gérer mon temps. L’équilibre entre ce que je construis professionnellement et ce que je vis à la maison n’est pas un bonus. C’est une condition. C’est pour ça que je travaille avec 12 à 15 mariages par an, pas davantage.
Justine a commencé à apprendre la photo pour une raison simple : je suis toujours celui qui filme, celui qu’on ne voit jamais sur les images. Elle apprend le cadrage pour que j’existe dans nos souvenirs de famille. On finit par regarder les mêmes choses différemment. C’est instructif.
Et puis il y a une conviction que je traîne depuis l’enfance : les passions qu’on cultive depuis l’enfance peuvent devenir des métiers. Moi, j’aimais les livres, les sagas, les Lego, le dessin. Je me faisais des films dans ma tête en permanence. Et j’avais une passion dévorante pour les dinosaures : j’aurais pu être paléontologue, ça aurait nourri mon goût du voyage et de la transmission. J’en ai plusieurs tatoués sur le corps. Ce n’est pas un hasard si j’ai fini à raconter des histoires.
Et vous qui êtes-vous ?
Si vous vous êtes reconnus quelque part dans cette page : dans la façon de travailler, dans ce qui compte pour vous, dans l’idée qu’un film doit traverser le temps, alors on devrait se parler.
Pas un formulaire. Une vraie conversation, en visio, pour voir si on est faits pour travailler ensemble.
